Enfin en week-end !!!
Et ce n'est pas n'importe quel week-end... C'est celui de Pâques!!
Celui où il y a des gentilles cloches qui nous apportent des chocolats...
Celui où je vais pouvoir me reposer le lundi...
Je vais donc profiter de ces trois jours pour aller me mettre au vert et aux chocolats...
J'en ai bien besoin après une journée comme celle-ci.
Dès ce matin, mon principal m'a raconté les derniers exploits de deux élèves de la classe dont je suis prof principale. Il m'a d'abord demandé de deviner qui... Et sans hésitation, j'ai donné deux prénoms : B. et N.... J'avais pourtant le choix avec deux autres, mais en ce moment, elles remportent toutes les oscars ces deux élèves !!
Mais alors, qu'ont-elles pu bien faire ?
Hier après-midi, B. et N. sont revenues au collège avec un briquet et des pétards... Jusqu'ici, elles ont juste enfreint le règlement intérieur du collège... Mais lorsqu'elles ont décidé de les allumer et de les lancer sur les autres élèves, elles ont mis en danger la vie des autres... Une sanction fut décidée sur le moment : trois jours d'exclusion. Les parents de B. et N. ont donc été appelés afin qu'ils viennent les chercher et signe l'avis de renvoi...
La mère de N. est arrivée très rapidement et très incommodée par l'attitude de son enfant... Elle s'est excusée et a expliqué qu'elle tentait de faire de son mieux, mais que depuis qu'elle s'était retrouvée seule pour élever ses enfants, elle fut très vite dépassée par leurs bêtises. Un éducateur l'aide dans leur éducation, mais elle voit bien que rien n'y fait et N. fait ce qu'elle veut... Très calmement elle est repartie avec N.
Ensuite, la mère de B. est arrivée... Ce ne faut pas la même chose... Cette dame a commencé par se jeter sur sa fille afin de lui donner des coups de pied et de poing... B. s'est alors mise à hurler et à insulter sa mère... Il a fallu très rapidement les mettre dans deux pièces différentes afin de les calmer...
Au bout de 30 minutes d'isolement, la mère est repartie avec la fille... En écoutant ce récit, je me suis sentie totalement démunie... Je ne suis pas assistance sociale... Je suis juste prof de maths...
Je me dirigeais vers la salle des profs, lorsque l'oiseau, posté à l'accueil, nous interpelle afin de nous raconter les dernières exploits de Bi, un autre cas élève de la classe.
Sur le moment, j'ai regardé le plafond et je me suis demandé si j'étais vraiment obligée d'écouter !
Je n'ai pas eu le choix. Elle avait déjà commencé à raconter l'histoire...
Hier, le frère de Bi lui a emprunté son ballon de foot afin d'aller jouer avec ses copains. Bi n'a pas été invité à participer à ce match... Très en colère, il s'est donc amusé à donner des coups de pied dans une voiture. Lorsqu'on lui a expliqué qu'il n'avait pas le droit de faire cela, il a répondu tout simplement: "Et bien, t'as qu'à me donner un ballon et j'arrêterai de taper dans la voiture !" La suite est inconnue à ce jour... mais certainement qu'il y aura une suite...
La tête remplie de ces trois histoire, j'ai enfin pu aller me repose en salle des profs avant d'aller affronter cette classe justement, sans B. et N. ... mais avec Bi.
La journée s'est ensuite déroulée comme d'habitude...
Il y a juste eu à 13h la seconde réunion avec mes collègues de maths afin de finir le document que nous allions transmettre au principal...
L'ambiance fut très tendue... Mâchoire bloquée tirait une tête de six pieds de long... Elle a commencé par dire qu'elle ne savait pas écrire, je m'en étais aperçue, et qu'elle faisait des fautes d'orthographe. Elle restait; cependant, ouverte à tout changement ne venant pas de moi. G. fut très gentille et commença par dire que tout était parfait et qu'elle n'aurait pas mieux fait... Je me suis donc contenue et j'ai décidé de ne pas m'exprimer sur la lourdeur de ses phrases...
Malgré tout, il y avait un point qui me dérangeait énormément : l'horaire-élève annoncé était faux... Elle avait un peu tout mélangé... J'ai expliqué ce qui me dérangeait, tout en proposant une solution pour y remédier...
Seulement, Mâchoire bloquée avait resserré les poings, fermé les oreilles et ne voyait pas en quoi cela pouvait être faux et dérangeant. Elle avait, soit disant, écrit la même chose... Pas tout à fait me semblait-il !
G. a alors compris où je venais en venir et en deux mots, elle est arrivée à lui faire comprendre l'importance d'effectuer ce changement, tout en rajoutant que ce qui avait été fait était très bien...
C'était à vomir la façon dont elle prenait des gants pour lui dire les choses et pour la féliciter à tout bout de champ... Cela m'a totalement révoltée... Mâchoire bloquée est bien la dernière à prendre des précautions pour dire les choses...
Bref, passons. L'essentiel est que nous sommes tout de même arrivées à opérer à ces trois petits changements...
La réunion s'est clôturée par une remarque piquante de mâchoire bloquée envers moi...
Elle m'a juste indiqué qu'ils n'allaient pas se battre inutilement pour moi si j'avais envie d'avoir un complément de service dans un autre établissement... Avec les moyens horaires proposés, il est possible de faire 5 services à 18 heures, et donc, il n'y a aucune raison pour que je parte faire un complément de service ailleurs, à moins que je le souhaite vraiment. Elle a rajouté que cela était possible et que je ne devais pas hésiter de dire que je voulais partir un peu de l'établissement...
Après avoir répété encore au moins cinq fois la même chose, j'ai enfin pu m'exprimer... J'ai ravalé ma colère et mon envie de lui mettre mon poing dans la figure. Je m'en suis sortie par une réponse assez bateau :
"Aucun professeur ne rêve de travailler sur deux établissements. Et que s'ils devaient se battre pour garder 5 temps complets, ils n'allaient pas se battre pour moi en particulier, mais plutôt pour une personne."
La réunion s'est terminée sur cette note plutôt tendue... G. se sentait assez mal à l'aise car elle aussi avait trouvé indélicat de la part de mâchoire boquée son discours. T. a juste rajouté qu'il avait connu cela de travailler sur deux établissements et que c'est loin d'être le top ! Une nouvelle fois, elle venait de faire son adjudant chef et tout le monde se mettait à ses pieds... sauf moi... De toute façon, ils seront les derniers à savoir ce que je pense vraiment ! Il est certain que je souhaite partir, mais pas pour n'importe quel poste... Je suis donc partie avec une légère boule au ventre assurer mes cours de l'après-midi...
Je me suis vraiment sentie soulagée lorsque la sonnerie de 17h a retenti...
J'ai rangé mes affaires et j'ai pris la direction de la sortie...
Sur le chemin, j'ai croisé mon principal à qui j'ai souhaité un bon week-end. Il m'a gentiment répondu en rajoutant :
"N'oubliez pas que l'on ne travaille pas lundi..."
Comme si j'allais oublier cela...
Me voici donc en week-end... dans quatre semaines, c'est les vacances ! Mais en attendant :
Vive le chocolat !!!